SBK-CES-CVS Conférence des évêques suisses | 08.09.2017

Message de la Conférence des évêques suisses à l’adresse des agents pastoraux, prêtres, diacres et laïcs


SBK-CES-CVS Conférence des évêques suisses | 31.07.2017

Niklaus von Flüe 2017



SBK-CES-CVS Conférence des évêques suisses | 21.05.2017

Inauguration du pavillon suisse « Prophezey » à l’exposition universelle de la Réforme à Wittenberg


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Antelias Liban, conférence de presse CES & FEPS/ Photo: Catholicossat arménien / Charbel

26.11.2015

La liberté religieuse, ressource pour l'avenir d'une société multiculturelle

Déclaration oecuménique commune des présidences de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse et de la Conférence des évêques suisses

Déclaration oecuménique commune à l’occasion du voyage au Liban de responsables des deux Églises et de l’appel aux paroisses en faveur des chrétiens persécutés et des victimes de la guerre au Proche-Orient.

  1. C’est d’une même voix que les Églises réformée et catholique-romaine de Suisse lancent cet appel en faveur de la liberté religieuse au Proche-Orient et partout dans le monde. Les dimensions évoquées dans les documents sur la liberté religieuse du Concile Vatican II, ou du Conseil Œcuménique des Eglises [1], sont pleinement partagées par les Églises de Suisse.
      
  2. Parler de liberté religieuse, c’est à la fois revendiquer le droit pour tout être humain de vivre un chemin spirituel personnel et communautaire sans y être contraint et de pouvoir exprimer ses convictions sans subir de pression. C’est demander pour chacune des communautés la possibilité d’organiser sa vie et de déployer sa foi sans en être empêchée, pour autant qu’elle ne trouble pas l’ordre public. C’est enfin garantir le droit à la conversion sans craindre de représailles.
      
  3. La liberté religieuse fait partie des droits de l’homme, car la religion est une dimension constitutive de l’être humain. Pour la Bible, l’homme est créé à l’image de Dieu, il est pleinement homme dans sa relation avec les autres et avec le Seigneur. En Jésus Christ, Dieu fait de l’ensemble des humains des êtres libres, et c’est pour qu’ils restent libres qu’il les a libérés de toute forme d’esclavage.
      
  4. Les religions sont indispensables à la vie en société, car elles sont un élément constitutif de l’existence humaine et participent à la création de valeurs nécessaires pour la vie en société. Ces dernières ont une importance prépondérante dans le débat démocratique, même si elles peuvent, comme toute réalité humaine, être corrompues, manipulées ou instrumentalisées. Elles sont à la source du vivre ensemble dans le respect mutuel, la solidarité, la justice et la paix : les valeurs chrétiennes d’amour, foi et espérance offrent des perspectives décisives pour qu’un corps social puisse s’édifier dans la concorde et le dynamisme tourné vers l’avenir. Des valeurs comparables existent également au cœur des autres religions, rendant possible un vivre ensemble dans la paix et le respect.
      
  5. Malheureusement, nous le constatons quotidiennement à travers les nouvelles qui affluent en continu et l’arrivée massive de réfugiés et déplacés  obligés de quitter leur terre, les droits de l’homme et la liberté religieuse sont violés en de nombreuses régions de la planète, particulièrement en Syrie, en Irak et au Proche-Orient. Des organisations terroristes, qui n’ont de religieux que le nom, massacrent aveuglément, bafouent les droits, violent les femmes, et détruisent le patrimoine culturel de l’humanité.Elles s’en prennent à tous ceux qui ne se réclament pas des soi-disantes valeurs du radicalisme islamique, aussi bien aux croyants musulmans chiites et sunnites qu’aux autres minorités religieuses. Parmi elles, les chrétiens des diverses confessions subissent une véritable « épuration religieuse », entre autres parce qu’ils incarneraient les valeurs de l’Occident honni, alors qu’ils résident sur ces terres depuis 2000 ans et qu’ils appartiennent à la culture fondamentale de la région. Ils sont victimes de discriminations sociales, politiques, économiques et juridiques et d’oppressions religieuses, si bien que la plupart se voient contraints de prendre le chemin de l’exil, sous peine d’être persécutés ou exécutés.
      
  6. Avec les responsables du Conseil œcuménique des Églises et le Pape François, la Fédération des Eglises protestantes de Suisse et la Conférence des évêques suisses en appellent donc à l’ensemble des autorités politiques et religieuses et à toutes les organisations locales et internationales, afin qu’elles mettent tout en œuvre pour que cessent les guerres civiles et les persécutions, que soit respectée la liberté religieuse de chaque communauté et chaque être humain, et qu’une paix durable à l’intérieur des nations et entre les nations de la région puisse s’établir. Sans respect de la liberté religieuse, aucune paix durable n’est possible. Sans dimension religieuse, aucune société n‘est authentiquement humaine. Elles en appellent aux chrétiens de Suisse, pour qu’ils se laissent émouvoir par la situation dramatique de leurs coreligionnaires de ces contrées et par celle de tous les croyants mis actuellement en danger, et qu’ils manifestent leur générosité solidaire à travers les différentes actions qui leur sont proposées. A la société sécularisée qui est la nôtre, elles rappellent que la liberté religieuse est au cœur des choix de vie fondamentaux de chacun, et qu’il serait erroné de déduire des exemples des terroristes actuels ou d’extrémistes d’autres époques que l’appartenance religieuse ne peut être que méprisée, rejetée ou instrumentalisée.
      
  7. Depuis le Liban, terre pluraliste par excellence, pays d’accueil de millions de réfugiés, la FEPS et la CES s’en remettent au Dieu créateur et sauveur. Elles demandent à tous les êtres humains de bonne volonté de travailler au respect de la liberté religieuse, de façon à ce que les différentes composantes confessionnelles des pays du Proche-Orient puissent retrouver une coexistence sereine et une paix durable. L’avenir de l’humanité est en jeu.
      

Beyrouth, Berne, Fribourg, le 25 novembre 2015

 

Gottfried Locher                                       Mgr Markus Büchel
Président de la  FEPS                                Président de la CES

 

[1] Concile Vatican II, Déclaration sur la liberté religieuse « Dignitatis humanae » du 7.12.1965; Conseil oecuménique des Eglises/Commission des Eglises pour les affaires internationales, Document « Religious minorities and rights for religious freedom » du 2.12.2011 (n’existe qu’en anglais).