« La synodalité est la marche commune des chrétiens avec le Christ et vers le Royaume de Dieu, en union avec toute l’humanité ». Extrait du document final de la deuxième session de la XVIe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques (2-27 octobre 2024) « Pour une Église synodale : communion, participation, mission », 26 octobre 2024 (numéro 28)
Préparation et déroulement du Synode sur la synodalité (2021-2024)
Le processus synodal en cours a été lancé par le pape François en 2021 et se déroule en trois phases, elles-mêmes subdivisées en plusieurs étapes. La phase actuelle est appelée « mise en œuvre ».
La première phase a débuté au niveau diocésain (2021-2022) pour se poursuivre ensuite au niveau national (2022) et continental (2023) en vue de la préparation des deux sessions du Synode sur la synodalité qui s’est tenu au Vatican en 2023 et 2024. Pour la première fois depuis la création de l’Assemblée synodale des évêques en 1967, des laïcs (hommes et femmes) y ont également participé en tant que membres à part entière, prenant part aux discussions et pouvant ainsi exprimer leur vote. L’objectif est de renforcer la participation de tous les membres de l’Église catholique à la construction de son avenir.
Phase de mise en œuvre (2025-2028)
Comme ce fut le cas lors de la phase de préparation, la mise en œuvre des résultats du Synode sur la synodalité, qui a débuté en 2025, commence au niveau diocésain. En Suisse, la Commission Synodalité de la Conférence des évêques suisses s’est donnée pour mission de soutenir les différents processus synodaux et de rassembler les résultats au niveau national. Sur la base du Document final du Synode, le document « Pistes pour la phase de mise en œuvre », offre des indications importantes et des orientations concrètes pour la mise en œuvre de la phase diocésaine qui s’étend de juin 2025 à décembre 2026. Au premier semestre 2027 suivra l’évaluation de cette phase sous la forme d’assemblées dans les différents diocèses. Au second semestre 2027, les résultats diocésains seront ensuite rassemblés lors d’une Assemblée d’évaluation au niveau national. Au premier trimestre 2028 se tiendront les Assemblées d’évaluation continentales et enfin, en octobre 2028, une Assemblée ecclésiale au Vatican clôturera ce processus synodal.
Rôles et responsabilités dans la phase de mise en œuvre
Selon les « Pistes pour la phase de mise en œuvre », l’évêque diocésain est « le premier responsable de la phase de mise en œuvre dans chaque Église locale ». Il doit lancer cette phase et en indiquer le calendrier, les méthodes et les objectifs, tout en accompagnant son déroulement. C’est ce même évêque qui clôt la phase en validant ses résultats, nomme et accompagne l’équipe synodale diocésaine dont il peut lui-même faire partie. La tâche principale de ces équipes synodales est de « promouvoir et faciliter la croissance du dynamisme synodal dans les contextes concrets où vit chaque Église locale ». À cette fin, elles identifient les outils et les méthodologies appropriés, y compris dans le domaine de la formation, et encouragent la mise en œuvre de ces initiatives. Ces équipes motivent ainsi à « rendre le processus synodal plus capillaire et participatif », encouragent la formation des modérateurs et modératrices et coordonnent leurs interventions. Les équipes synodales encouragent en outre la formation synodale dans le diocèse. Concrètement, ces organismes de participation sont appelés à « assumer la responsabilité consultative ». Elles doivent participer aux processus « de discernement des priorités pastorales ou de renouvellement des structures et des processus décisionnels ». Les équipes synodales sont donc chargées de « récolter les fruits du processus de mise en œuvre ». Enfin, l’évêque diocésain reconnaîtra et confirmera « la validité des rapports en fonction du chemin parcouru ensemble par la communauté diocésaine ».
Domaines d’action de la phase de mise en œuvre
Le document final du Synode sur la synodalité identifie trois dimensions d’une Église synodale : la communion, la participation et la mission.
- Le terme « communion » sous-entend la dimension spirituelle, la perspective d’inclusion, la coresponsabilité, la confiance, la subsidiarité, la solidarité, la transparence, la responsabilité, le fait d’être en chemin ensemble, chacun avec ses propres responsabilités ;
- La « participation », quant à elle, prend en compte la formation, l’égalité de dignité dans le baptême et la possibilité d’une codécision ;
- Enfin, le terme « mission » met en avant la crédibilité de l’Église, l’humilité, l’ouverture au monde, au changement, à la conversion intérieure, ainsi que le grand défi de l’évangélisation.
Toute initiative visant à mettre en œuvre les résultats du Synode peut donc être examinée à la lumière de ces trois concepts clés en ce qui concerne la qualité synodale de la vie communautaire et diocésaine.
Pistes pour la phase de mise en œuvre
Dans les Pistes publiées par le Secrétariat du Synode, il est fait référence à différents domaines déjà mentionnés et approfondis dans le Document final. L’objectif principal de cette phase est d’indiquer quelles mesures ont été prises dans ces domaines concrets :
- Promotion de la spiritualité synodale ;
- Accès effectif des femmes et des hommes « non ordonnés », laïcs et consacrés, à des fonctions de responsabilité et de direction qui ne requièrent pas le sacrement de l’Ordre ;
- Expérimentation de formes de service et de ministère qui répondent aux besoins pastoraux actuels dans différents contextes ;
- Pratique du discernement ecclésial ;
- Lancement de processus décisionnels de type synodal ;
- Expérimentation de formes appropriées de transparence, de responsabilité et d’évaluation ;
- Mise en place, dans les diocèses et les paroisses, des organismes de participation prévus par le droit et renouvellement de leurs modalités de fonctionnement dans une perspective synodale ;
- Tenue régulière d’assemblées ecclésiales locales et régionales ;
- Renforcement du Synode diocésain et de l’Assemblée éparchiale ;
- Le renouveau synodal et missionnaire des paroisses ;
- La vérification du caractère synodal des parcours d’initiation chrétienne et, plus généralement, des parcours de formation et des institutions qui leur sont affectées.
Qu’est-ce qu’un synode ?
Le mot « synode » vient du grec sunodos, qui signifie « voyage fait ensemble », d’où le sens d’« assemblée délibérative ». Le Synode des évêques réunit ces derniers pour discuter de la mission de l’Église catholique dans son ensemble et de l’unité de la foi en son sein. Un synode est donc une forme d’expression de la collégialité de l’Église, c’est-à-dire de l’unité dans la diversité au sein de l’Église ainsi que de la nature universelle de sa mission d’annonce et de témoignage de l’Évangile.
Un synode prend la forme d’une assemblée consultative convoquée par le Pape. Cela le distingue d’un synode diocésain, qui est convoqué par un évêque dans son propre diocèse. Le but du synode est d’informer et de conseiller le pape. Le Saint-Père peut également lui conférer un rôle délibératif, à condition que les décisions soient ratifiées par lui. Si le pape ne préside pas personnellement le synode, il nomme un ou plusieurs présidents délégués pour chaque session.
Au sein de la Curie romaine, il existe un Secrétariat permanent pour le Synode, dirigé par un Secrétaire général chargé de préparer et de suivre les sessions ainsi que d’appliquer les conclusions des travaux synodaux. Le Secrétaire général collabore avec le Rapporteur général, qui est responsable de la rédaction du « rapport introductif au débat », un document destiné à lancer les discussions. Il rédige en outre le document final.
À l’issue du Synode, les évêques adoptent un rapport qui est soumis au Pape et qui comprend souvent un message au monde. Le Pape, à condition d’avoir ratifié les conclusions présentées, reprend souvent les éléments du rapport dans un document publié sous sa propre responsabilité. Ce document est généralement une exhortation apostolique post-synodale.
