Comment un évêque est-il élu ?

L’élection des évêques en Suisse

 

Au cours de l’histoire la procédure d’élection des évêques prend des formes très diverses. Celles-ci sont marquées par les tensions entre le rôle de l’Eglise locale et celui de l’Eglise universelle, l’influence des milieux d’Eglise et celle des milieux politiques.

Le concile Vatican II a mis en valeur d’une manière nouvelle la nature et le caractère essentiellement collégial de la fonction d’évêque. Il a souligné en même temps la communion du collège des évêques avec l’évêque de Rome comme chef. « En tant qu’il est composé de parties, ce collège exprime la multiplicité et l’universalité du peuple de Dieu ; en tant qu’il est rassemblé sous un seul chef, il représente l’unité du troupeau du Christ. » (Lumen gentium 22)

La fonction et la place des évêques dans l’Eglise impliquent que le Saint-Siège ait part à la procédure de leur élection ; mais cela ne signifie pas que le choix proprement dit doive être effectué par lui. L’évêque élu a cependant besoin de la communauté apostolique et d’être admis dans le collège des évêques, ce qui ne peut être accordé que par le pape.

Quant à la procédure de nomination, elle peut être décomposée en plusieurs étapes juridiques (en cas d’élection, c’est-à-dire dans les diocèses de Coire, Bâle et St-Gall) :

  • L’élection à l’épiscopat, qui donne à l’élu un droit à sa fonction.
  • L’examen canonique de l’évêque élu par le Saint-Siège : a-t-il les qualités canoniques générales et répond-il aux conditions juridiques particulières ?
  • La confirmation de l’élection par le Saint-Siège.

 

L’élection des évêques dans les différents diocèses a lieu comme suit :

 

Diocèse de Lausanne-Genève-Fribourg :

L’évêque est nommé librement par le Saint-Siège.

 

Diocèse de Lugano :

L’évêque est également nommé librement par le Saint-Siège, mais « parmi les prêtres ressortissants tessinois ».

 

Diocèse de Sion :

L’évêque est également nommé librement par le Saint-Siège. Celui-ci a toutefois affirmé au gouvernement valaisan,  dans une lettre du 30.12.1918, qu’il prendrait soin de ne pas élire un évêque qui n’aurait pas l’agrément du gouvernement, et que le Saint-Siège recevrait et examinerait avec bienveillance les souhaits du gouvernement.

 

Diocèse de Coire :

L’élection de l’évêque est effectuée par le chapitre de la cathédrale. Elle se fait sur une liste de trois candidats proposés par le Saint-Siège. Ce droit du chapitre de la cathédrale est un privilège ecclésiastique.

 

Diocèse de Bâle :

Conformément au concordat du 26 mars 1828, le chapitre de la cathédrale a le droit d’élire librement l’évêque parmi les prêtres du diocèse.

La procédure de nomination est la suivante :

  • Le chapitre établit une liste de six candidats.
  • La liste est soumise à la Conférence diocésaine, composée des délégués des cantons,  qui se donne le droit de radier des candidats moins agréés.
  • L’évêque est élu par le chapitre.
  • Information et confirmation par le Saint-Siège.

La validité juridique du droit de radiation que se donne la conférence diocésaine est contestée.

 

Diocèse de St-Gall :

Le droit de nommer l’évêque parmi les prêtres du diocèse revient au chapitre de la cathédrale, auquel il a été concédé par le concordat du 7.11.1845 et la bulle de 1847.

La procédure de nomination est la suivante :

  • Etablissement d’une liste de six candidats par le chapitre de la cathédrale.
  • Procédure d’information par le Saint-Siège.
  • La liste est soumise au Collège catholique, qui se donne le droit de radier jusqu’à trois candidats (moins agréés).

 

Source : Commission spéciale « circonscriptions diocésaines » de la Conférence des évêques suisses, « Nouvelle répartition des diocèses en Suisse. Rapport de la Commission », juin 1980, pp. 94-95.