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Message des évêques pour le Dimanche des malades 2017 (5 mars 2017)


19.01.2017

Coordination Terre Sainte 2017 – Communiqué final


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Membre CES Membre CES  | 20.02.2008

Message de l’évêque de Sion pour la Journée des Malades 2 mars 2008

Laetare – Réjouis-toi!

Chers frères et sœurs,

En ce premier dimanche de mars, qui est une journée consacrée aux malades, notre pensée se tourne vers vous. Nous voulons, aujourd’hui, vous accorder une attention toute particulière. Nous prions pour vous et nous vous demandons de prier pour nous.

Le dimanche des malades tombe cette année sur le quatrième dimanche de Carême, le dimanche « laetare ». On l’appelle ainsi parce que l’Église nous invite ce jour-là à nous réjouir : « Réjouissez-vous avec Jérusalem, exultez à cause d´elle, vous tous qui l´aimez ! Avec elle, soyez pleins d´allégresse, vous tous qui portiez son deuil ! Ainsi vous serez nourris et rassasiés de l´abondance de sa joie. »

Vous aussi, vous êtes invités à vous réjouir ! Peut-être que vous vous demandez comment l’Église peut vous dire cela ? Et vous vous dites : « Comment pourrais-je me réjouir alors que je souffre, alors que les douleurs me tourmentent jour et nuit ? Comment pourrais-je être joyeux, alors que je suis âgé et devenu si dépendant que je dois quitter mon chez-moi douillet pour aller dans un home ? Qui pourrait me consoler alors que je souffre d’une maladie physique ou psychique incurable ? »

Peut-être que la question posée dans l’Évangile de ce dimanche est aussi la vôtre… Dans ce passage de l’Évangile de Jean (9,1-41), on peut y lire le récit de la rencontre entre Jésus et un aveugle de naissance. Les disciples demandent à Jésus: « Rabbi, pourquoi cet homme est-il né aveugle ? Est-ce lui qui a péché, ou bien ses parents ? » (Jn 9, 2) C’est une question qui, parfois, est posée aujourd’hui encore. Jésus prend cependant de la distance par rapport à cette façon de voir et répond : « Ni lui, ni ses parents. Mais l´action de Dieu devait se manifester en lui. » (Jn 9,3)

Comme Jésus, nous devons nous redire sans cesse que la souffrance n’est ni voulue ni infligée par Dieu. Malgré tout, elle fait partie de la vie humaine sous une forme ou une autre. Ce qui nous amène à nous poser une autre question : « Quel est le sens de la maladie, de l’infirmité, de la solitude, de la faiblesse due à la vieillesse ? Surtout quand les souffrances liées à l’âge n’en finissent plus de durer. » Saint Paul répond à cette question: « Car ce qu´il reste à souffrir des épreuves du Christ, je l’accomplis dans ma propre chair, pour son corps qui est l´Église. » (Col 1,24). Le serviteur de Dieu qu’était le Pape Jean Paul II a complété cette phrase ainsi : « Ces paroles semblent se trouver au terme du chemin qui parcourt longuement les détours de la souffrance inscrite dans l´histoire de l´homme et éclairée par la Parole de Dieu. Elles ont presque la valeur d´une découverte définitive qui s´accompagne de la joie : Je trouve ma joie dans les souffrances que j´endure pour vous. » (Col 1,24)

Peut-être que vous aussi, chers frères et sœurs malades, âgés, handicapés ou isolés, vous avez la force – malgré le poids de votre souffrance – de redire ces paroles de saint Paul et d’unir vos souffrances à la souffrance du Christ notre Sauveur, transformant ainsi cette souffrance en une grâce pour vous-mêmes et pour vos frères et sœurs en bonne santé.

Dans son message pour la journée des malades, le Pape Benoît XVI nous rend attentifs à l’intime communion qui existe entre la souffrance des hommes et la souffrance du Christ dans l’exemple de l’Eucharistie. Il écrit : « L´Eucharistie est le don de son Fils unique, incarné et crucifié, que le Père fait au monde. C´est lui qui nous réunit autour de la table eucharistique, en suscitant chez ses disciples une attention bienveillante envers les malades et ceux qui souffrent ; en eux, la communauté chrétienne reconnaît le visage du Seigneur. »

Le Pape ajoute encore que c’est pour cela que « nos communautés, quand elles célèbrent l´Eucharistie, doivent prendre toujours plus conscience que l´Eucharistie presse alors toute personne à se faire ‘pain rompu’ pour les autres. Ainsi, nous sommes encouragés à nous engager à servir les frères et sœurs, surtout ceux qui sont en difficultés, puisque la vocation de tout chrétien est d´être vraiment, avec Jésus, pain rompu pour la vie du monde. »

Ces paroles sont pour nous une consolation. Nous réalisons que notre souffrance unie à Jésus-Christ a un sens profond pour les hommes. Avec la Vierge Marie, mère des douleurs, nous pouvons louer Dieu, le remercier de joindre notre souffrance à celle de son Fils et de la mener à la gloire d’une vie nouvelle.

Chers frères et sœurs, nous remercions tous ceux qui se mettent au service des malades et qui vous accompagnent sur votre chemin de souffrance. Nous constatons avec confiance que « l’action de Dieu » se manifeste en nous aujourd’hui encore. Dans cette confiance, et avec une foi profonde, nous pouvons véritablement prier : « Réjouissez-vous et buvez à la source de la consolation divine. »

Que Dieu vous bénisse !

Sion, le 2 mars 2008

+ Norbert Brunner
Évêque de Sion