SBK-CES-CVS Conférence des évêques suisses | 31.07.2017

Niklaus von Flüe 2017



SBK-CES-CVS Conférence des évêques suisses | 21.05.2017

Inauguration du pavillon suisse « Prophezey » à l’exposition universelle de la Réforme à Wittenberg


Membre CES Membre CES  | 30.01.2017

Message des évêques pour le Dimanche des malades 2017 (5 mars 2017)


19.01.2017

Coordination Terre Sainte 2017 – Communiqué final


Tous documents

Membre CES Membre CES  | Communiqué de presse | 04.03.2011

Message de la Conférence des évêques suisses pour la Journée des malades

Message de la CES pour la Journée des malades en Suisse, le 6 mars 2011

Chers malades, chères familles,
chers membres du personnel soignant,

Une longue tradition suisse veut que le premier dimanche de mars de chaque année on ait une attention particulière pour les malades. Indépendamment de la confession et de la religion, cette date est habituelle pour tous.

Dans l’évangile de ce dimanche, Jésus dit : « Il ne suffit pas de me dire : Seigneur, Seigneur ! » pour entrer dans le Royaume des cieux ; mais il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux. » Mais comment chercher la volonté du Père quand on est confronté à la maladie ?
L’attitude des chrétiens envers les malades est annoncée dans l’évangile. Au jugement dernier Jésus dira : « J’étais malade et vous m’avez visité » ou au contraire « J’étais malade et vous n’êtes pas venus me voir ». Nous serons donc jugés sur ce point et Jésus s’est identifié au malade, comme il l’a fait pour le pauvre affamé ou assoiffé, le prisonnier ou l’étranger.

La santé physique, psychique et spirituelle

Dans l’Ecriture sainte, il est souvent question de malades, en particulier dans le Nouveau Testament, où l’on voit Jésus se faire proche d’eux et en guérir quelques-uns. Mais la guérison physique est presque toujours liée à la guérison intérieure par un acte de foi, par le pardon des péchés. La santé n’est pas que corporelle, elle est aussi psychique et spirituelle.

L’être humain est en effet un corps, un cœur et un esprit et c’est tout l’être qui a besoin de santé. On parle facilement de maladie psychosomatique quand la souffrance psychologique et les peines de cœur se répercutent sur la santé du corps. C’est pourquoi aujourd’hui on est de plus en plus attentif à soigner non seulement un membre, une partie du corps, mais aussi les côtés affectifs de la personne. On découvre aussi de plus en plus la nécessité de vivre une spiritualité pour trouver un sens à ce que l’on vit.
Même si le personnel soignant est souvent surchargé de travail, le moment pris pour parler avec le patient a souvent autant de valeur que la médication proposée. Il y a là des aspects complémentaires à trouver. Les lieux de soins où les aumôneries ont pu s’organiser, les personnes formées à la visite des malades peuvent, par leur présence attentive, soulager bien des cœurs.

La vie intérieure et la santé spirituelle

La maladie est souvent le chemin d’une découverte, sinon d’une redécouverte de la santé spirituelle. Chaque maladie a sa particularité, qu’elle soit physique ou psychique. Il en est de même pour la santé spirituelle. Or le rôle de la spiritualité est de venir comme éclairer intérieurement ce qui se passe dans notre être.

Sur son lit de malade, le patient revoit sa vie autrement que dans la vie active. Il est souvent appelé à réfléchir sur le sens même de sa vie. Peut-être n’y avait-t-il pas beaucoup pensé tant qu’il avait la santé physique, tant qu’il pouvait travailler, aller et venir. Mais quand la maladie est là, il est livré à ses propres pensées. C’est ainsi qu’on rencontre parfois de vraies détresses spirituelles comme aussi des perles de spiritualité.

Dès lors le cheminement intérieur du malade peut conduire à la prière et rencontrer dans son cœur le Seigneur Jésus lui-même qui est là en attente au fond du cœur. Ainsi, par approche confiante, petit à petit, un dialogue intérieur s’instaure et Jésus prend sur lui nos blessures, comme le rappelle saint Pierre citant le prophète Isaïe. En méditant sur la passion et même sur la mort du Christ, on le rencontre personnellement et on peut réaliser que Jésus n’est pas venu supprimer la souffrance, mais la remplir de sa présence.

Comme disait saint Bernard au Moyen-Age : « Dieu ne peut pas souffrir, mais il peut compatir ». Ce sera alors la pratique de la prière qui crée des chemins dans le cœur du patient. Il trouve à qui parler de ses problèmes et par la lecture de l’Ecriture la prière devient rencontre réconfortante. Le cheminement peut se faire aussi dans des dialogues avec des visiteurs ou avec le personnel soignant, sans oublier le rôle de la famille ou encore des collaborateurs des aumôneries. Selon la formation de la personne, selon la spiritualité vécue, une certaine sérénité pourra s’installer. Alors, on entendra différemment ces paroles de Jésus : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous soulagerai». Pour certains c’est la découverte des sacrements, du Pardon qui libère, de l’Eucharistie qui nourrit, de l’Onction des malades qui réconforte.

Dans une franchise intérieure, même si on sait que la maladie peut conduire à la mort, c’est la vie spirituelle qui va ouvrir à l’éternité qui nous a été promise.

Le signe de la croix

L’instrument de souffrance et de mort qu’était la croix, Jésus en a fait un instrument de salut. Ainsi le malade peut être sauvé par sa maladie qui devient, dans ce sens-là, salutaire. On peut dire que la croix est comme un signe « plus » dans nos vies. La maladie, la souffrance, quelle qu’elle soit est comme un signe « moins ». Le malade doit souvent garder le lit et prendre la position horizontale. Peut-être a-t-il le moral « à plat ». Pour transformer un signe « moins » en signe « plus », il suffit d’y mettre une barre verticale. Celle-ci représente la dimension de la spiritualité qui vient rendre positif ce qui, en soi, est négatif.

Contrairement à ce que l’on pense souvent, la souffrance rapproche davantage de personnes de Dieu qu’elle n’en éloigne. Quand tout va bien, on risque plus facilement d’oublier la dimension verticale de toute vie. Souvent ce sont des malades qui l’apprennent aux bien-portants qui viennent les visiter.

Conclusion

Chers malades, chères familles, chers membres du personnel soignant et des aumôneries,
A travers cette lettre j’aimerais, au nom des évêques suisses, adresser à chacune et à chacun des paroles d’encouragement pour vivre avec le plus de sérénité possible votre vie de malades, réconfortés par la foi et l’espérance. J’adresse aussi des paroles de gratitude à tous ceux qui accompagnent les patients. Que le Seigneur lui-même vienne habiter vos cœurs et vous inspirer les gestes et les paroles qui conviennent quand nos frères et soeurs sont désemparés. Avec vous je prie le psaume « Le Seigneur est ma force et mon chant, à lui je dois ma délivrance ».

+ Joseph Roduit

Père-Abbé de Saint-Maurice
Responsable du secteur "Monde de la santé" au sein de la CES