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Coordination Terre Sainte 2017 – Communiqué final


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11.12.2006

Liberté religieuse et dialogue interreligieux

Communiqué des trois Eglises nationales à l’occasion de la Journée internationale des droits humains du 10 décembre 2006

Chers frères et sœurs,

Dans notre société cohabitent des personnes de confessions et de religions diverses. Toutefois, des débats actuels font apparaître combien cette coexistence peut devenir difficile dans la vie quotidienne, qu’il s’agisse de symboles religieux publics, du port d’un foulard en classe ou encore de la participation au cours de natation obligatoire. Nous rencontrons des personnes dont la foi diffère de la nôtre et qui s’inspirent, avec le même sérieux que nous, d’autres normes et d’autres valeurs. Quel sera le vivre ensemble de personnes tenant pour vraies et justes des idées divergentes et dont tel ou tel acte concret sera ressenti par les autres comme incompréhensible et étrange ?

Le problème de la tolérance religieuse est ancien et il constitue un jalon dans l’évolution des droits humains modernes. La référence à la liberté religieuse telle qu’elle est consignée dans la Déclaration des droits de l’homme de l’ONU, accorde à toute personne le droit inaliénable de vivre ses convictions religieuses. Le droit du libre exercice du culte englobe la liberté religieuse et de conscience personnelle aussi bien que la pratique communautaire et la confession publique. La liberté religieuse implique donc avant tout la liberté positive en vue >de la religion tout en incluant la liberté négative à l’égard de la religion.

Par respect pour la liberté religieuse les trois Eglises nationales reconnaissent le droit d’autres religions d’être publiquement présentes dans la société. Elles revendiquent la liberté religieuse sans restrictions – en Suisse et dans le monde entier. Ce faisant elles se rendent bien compte de ce que dans de nombreuses régions du monde – et même en Europe – des chrétiennes et des chrétiens sont exposés à des discriminations graves et à des persécutions. On leur refuse le droit humain du libre exercice du culte. On les stigmatise en raison de leur foi. On les empêche de se rassembler publiquement et d’acquérir et de posséder des salles de réunion. Dans des sociétés musulmanes conservatrices des personnes se convertissant au christianisme sont menacées de violences et de mort. Pour cette raison certains ont une opinion critique sur l’engagement des Eglises en faveur de la liberté religieuse en Suisse. La réponse des Eglises à cette objection sera la suivante : il n’y a aucune alternative, du point de vue chrétien, à la validité inconditionnelle des droits humains et donc du droit à la liberté religieuse dans le monde entier ! L’engagement en faveur des frères et sœurs discriminés et menacés dans d’autres pays et en faveur de tous ceux qui sont persécutés en raison de leur foi sera nécessairement jugé à l’aune de notre comportement dans notre propre pays: savons nous et voulons nous reconnaître des personnes d’une autre religion et vivre avec elles respectueusement ? On ne saura adChristkatholische Kirche der Schweiz mettre une quelconque symétrie de l’injustice, car le non respect de la dignité inaliénable de l’être humain dans un point précis du globe ne justifiera jamais une injustice équivalente ailleurs. La liberté religieuse est un bien central et majeur ! Quiconque empêche des personnes d’exercer librement leur culte, les prive de la liberté de déterminer elles-mêmes le sens de leur vie et d’y conformer leur existence. Par conséquent, la liberté religieuse est un préalable absolu pour toute société fondée sur le respect de la dignité humaine. La protection et la garantie de la liberté de conscience et de la liberté religieuse forment le soubassement qui seul permettra la coexistence pacifique des religions.

A une époque, précisément, qui n’est pas libre de ressentiments à l’encontre de croyants d’autres religions, les chrétiennes et les chrétiens auront à reconnaître ceux-ci comme leur prochain. La liberté pour laquelle nous avons été libérés en Christ « suscite la responsabilité à l’égard du droit d’autrui » selon les termes de l’Assemblée plénière du Conseil Œcuménique des Eglises de 1961. Le dialogue avec les autres religions découle de la reconnaissance de la liberté religieuse. Le dialogue présuppose le respect mutuel. La reconnaissance sérieuse exige le dialogue vécu. La Conférence des Eglises Européennes KEK et le Conseil des Conférences Episcopales Européennes CCEE s’engagent dans la Charte Œcuménique cosignée par les trois Eglises nationales de Suisse, « à défendre les droits des minorités et à aider à réduire, dans nos pays, les incompréhensions et les préjugés entre les Eglises majoritaires et minoritaires. »
En outre les Eglises – en relation aussi avec les administrations fédérales – se portent garants
« pour qu’individuellement et collectivement, en privé et en public, » tous « puissent pratiquer leur religion et leur conception du monde dans le cadre du droit en vigueur » (art. 12). La liberté religieuse se heurte à des limites, bien évidemment, lorsque la religion enfreint d’autres droits fondamentaux tels que la liberté de l’opinion et de la presse ou encore l’égalité de l’homme et de la femme.

La liberté religieuse ne vise pas simplement la coexistence parallèle de religions diverses. Bien au contraire, elle aura à faire ses preuves dans la cohabitation concrète des croyants. La valeur du dialogue interreligieux consiste à se respecter mutuellement et à pratiquer la tolérance réciproque à l’égard des convictions, justement, qui ne pourront être partagées. Les Eglises nationales exigent résolument la reconnaissance, le respect et la garantie du droit de libre exercice du culte conformément aux principes en vigueur de l’Etat de droit, en faveur de toute personne et de toute religion dans tout pays.

Nous vous adressons, chers frères et sœurs, à vous-mêmes, à vos paroisses et à vos familles nos vœux de bénédiction pour l’Avent et pour Noël.

www.kath.ch/sbk-ces-cvs/pdf/lettreliberte_f.pdf

Fédération des Églises protestantes
de Suisse, Pasteur Thomas Wipf, Président du Conseil
Église catholique chrétienne de Suisse, Mgr FritzRené Müller
Conférence des évêques suisses, Mgr Amédée Grab, Président